Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

21/01/2013

Pourquoi dit-on d'un magazine de mode que c'est une bible?

Pourquoi dit-on d'un magazine de mode que c'est une bible?

Employé au sens figuré, on s'en doute mais tellement récurrent: "ma bible, c'est Vogue", "non mais attends, faut que tu lises "Dress Code" c'est une vé-ri-ta-ble bible". Comme si l'on ingurgitait sans penser, comme si, parce que c'était dans un magazine de "référence" hop on absorbait comme de bons petits soldats.

P1210155.JPG

Pas un seul instant il s'agit de s'interroger sur ce que nous en tant qu'individu unique, on aime porter, sur ce que moi je trouve beau, sur ce qui me touche, qui m'émeut. Pas sur ce que Grazia ou Elle préconisent de faire.
Pourtant, des phrases comme ça ne viennent pas de personne décérébrées, ce sont des têtes qui réfléchissent, qui sont capable d'avoir un avis critique et une opinion.

Et qui clament donc que pour tout ce qui concerne leur partie la plus intime (leur corps et la manière de l'exposer ou de le cacher), on se réfère à l'avis supérieur, de manière quasi religieuse et mystique.

A-t-on à ce point là si peu confiance en soi pour qu'il soit plus facile de se montrer d'une manière qui ne nous correspond pas mais qui est globalement acceptée ("bah, cette fille là suit la mode, c'est tout") plutôt que d'oser simplement suivre ses pulsions ou oser s'en foutre? A-t-on vraiment besoin de quelqu'un qui nous indique les codes de bonne conduite?

Nous sommes dans une société de l'image, il est vrai, où nous sommes jugés d'abord sur notre apparence. Mais faut-il simplement acquiescer et rentrer dans le moule, ou plutôt essayer de modeler les règles à sa façon ou carrément de les changer?

Alors on va me dire que je pinaille, que je ne comprends pas l'humour et l'ironie. Qu'il ne faut pas prendre tout ça trop au sérieux et savoir juste se détendre et se marrer. Oui, peut être. Mais ça n'empêche pas de se poser des questions.
On peut aussi prendre au sérieux des sujets légers, gratter et essayer de voir ce qu'il y a en dessous. L'argument de l'ironie est trop facile, il permet de balayer d'un revers de manche tout questionnement.

On va aussi me reprocher d'être pleine de contradictions et sans cohérence. Oui, il est même très possible que j'achète le livre et les magazines dont je parle et que je prenne du plaisir à les lire. Oui, je me prends en photo pour montrer mes robes, oui la semaine dernière j'ai récupéré ma veste Margiela pour H&M. Mais ça n'est pas parce qu'on faire partie d'un système (et que parfois on prend plaisir à y être) que d'un coup, tout droit de le critiquer doit partir en fumée.

Ce qui est triste, c'est de voir à quelle point nous sommes parfois obsédées par ça. Que la guerre des looks passe avant la guerre des cerveaux.
En soi, il n'y a rien de honteux à avoir envie de renvoyer une bonne image de soi. Mais cela ne doit pas se faire dans une rigidité telle qu'on qualifie de bible un magazine divertissant avec de jolies photographies et qu'on décide en souriant de suivre ses conseils aveuglément et d'y laisser son libre arbitre au passage. Cela ne doit pas nous faire croire que c'est tout ce qui importe, quand tant qu'on a le bon look, tout ira bien. Cela ne doit pas se faire à la place d'un travail intellectuel, que la forme ne prenne pas le dessus sur le fond.

Une expression américaine bien connue dit qu'on a qu'une seule chance de faire bonne impression. Pourquoi pas. Mais, les secondes d'après, on se tait?

Publié dans Mode | Tags : chronique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

07/01/2013

Pourquoi tu as des tonnes de crèmes et moi, pas même une?

"Pourquoi tu as des tonnes de crème et moi, pas même une?"

C'est ce que Mr G m'a demandé ce matin, au saut du lit. En ajoutant deux choses: La première c'était que lui, n'en avait pas besoin.
Et la seconde, pour relativiser, étant de dire "bon, c'est vrai, toi parfois tu as la peau sèche et tu pèles, mais dans ce cas là, juste une crème, ça suffirait, non?".

produits de beauté.JPG


J'ai tiqué sur le "nan mais moi, ça ne me sert à rien", dit avec une innocence charmante. Mais Mr G est une espèce rare, un humain totalement hermétique à toute stratégie commerciale et marketing, un qui arrive, de manière sensée et rationnelle à prendre de la distance. Les pubs de cosmétiques pour homme? "Bah, ça n'est pas pour moi".

Non Mr G ne veut pas dire par là qu'il se met au dessus du lot, qu'il se trouve ma-gni-fi-que, encore plus que toute l'humanité réunie. C'est juste que de manière purement réaliste: Il n'en a pas BESOIN. Ca suffit à ne pas lui en donner envie.
Et apparemment, autour de moi, aucun mec non plus n'est dans ce cas là.

Il est vrai que le matraquage médiatique concernant la beauté masculine est plus récent, moins agressif que celui envers les femmes. Mais surtout, c'est comme si il se butait à une dernière barrière, celle de la raison.

Pourtant, quand je regarde dans mes copines, qui sont toutes aussi charmantes, peau lisse et pas couvertes de furoncle pour un sou, là, la donne est différente. De fait, elles non plus n'en ont pas besoin.

Et quand on s'y penche, on a toutes au moins quelques tubes de crème ou un peu de maquillage. Vous voyez c'est pour "prévenir", on ne sait jamais, imaginez sinon un jour on aura des rides. Le discours n'est plus placé dans le réel car oui, quoi qu'on fasse, ça nous tombera dessus. Surtout tout le monde, tout sexe confondu.

Mais nous on s'y prépare, on "investit pour l'avenir" comme si notre bonheur futur en dépendait. C'est marrant de voir que le tout se fait plein de gaieté, que ce que l'on nous a inculqué comme besoin (aller se coucher sans se démaquiller? c'est la peau flétrie au réveil assurée, et autres formules qu'on connait toutes) se transforme soudain en envie.

Que, comme nous n'avons pas le choix, qu'il faut "travailler à sa beauté" hé bien, sautons dedans, achetons des crèmes, plus qu'il n'en faut. Celle-ci parce qu'elle sent bon. Celle-là parce que l'emballage est joli.
Nous non plus nous n'en avons pas besoin - pas de manière plus déraisonnable que les hommes -, mais on ne veut pas se faire tomber dessus dans vingt ou trente ans, quand, pleine de rides, on osera dire que "non, je n'ai rien fait" et que la conversation se terminera avec un regard désapprobateur, du type, tu l'as bien mérité, la vieille.

Comme si nous avions ruiné "notre capital" et qu'il ne fallait pas venir s'en plaindre ensuite.

Peut-être serait-il temps d'assimiler l'idée d'une femme mûre, qui du coup, sortirait de sa fonction de femme-objet et prendrait la place... la place... la place de qui au juste? De la personne pensante?

Publié dans Mode | Tags : chronique, beauté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |