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07/01/2013

Pourquoi tu as des tonnes de crèmes et moi, pas même une?

"Pourquoi tu as des tonnes de crème et moi, pas même une?"

C'est ce que Mr G m'a demandé ce matin, au saut du lit. En ajoutant deux choses: La première c'était que lui, n'en avait pas besoin.
Et la seconde, pour relativiser, étant de dire "bon, c'est vrai, toi parfois tu as la peau sèche et tu pèles, mais dans ce cas là, juste une crème, ça suffirait, non?".

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J'ai tiqué sur le "nan mais moi, ça ne me sert à rien", dit avec une innocence charmante. Mais Mr G est une espèce rare, un humain totalement hermétique à toute stratégie commerciale et marketing, un qui arrive, de manière sensée et rationnelle à prendre de la distance. Les pubs de cosmétiques pour homme? "Bah, ça n'est pas pour moi".

Non Mr G ne veut pas dire par là qu'il se met au dessus du lot, qu'il se trouve ma-gni-fi-que, encore plus que toute l'humanité réunie. C'est juste que de manière purement réaliste: Il n'en a pas BESOIN. Ca suffit à ne pas lui en donner envie.
Et apparemment, autour de moi, aucun mec non plus n'est dans ce cas là.

Il est vrai que le matraquage médiatique concernant la beauté masculine est plus récent, moins agressif que celui envers les femmes. Mais surtout, c'est comme si il se butait à une dernière barrière, celle de la raison.

Pourtant, quand je regarde dans mes copines, qui sont toutes aussi charmantes, peau lisse et pas couvertes de furoncle pour un sou, là, la donne est différente. De fait, elles non plus n'en ont pas besoin.

Et quand on s'y penche, on a toutes au moins quelques tubes de crème ou un peu de maquillage. Vous voyez c'est pour "prévenir", on ne sait jamais, imaginez sinon un jour on aura des rides. Le discours n'est plus placé dans le réel car oui, quoi qu'on fasse, ça nous tombera dessus. Surtout tout le monde, tout sexe confondu.

Mais nous on s'y prépare, on "investit pour l'avenir" comme si notre bonheur futur en dépendait. C'est marrant de voir que le tout se fait plein de gaieté, que ce que l'on nous a inculqué comme besoin (aller se coucher sans se démaquiller? c'est la peau flétrie au réveil assurée, et autres formules qu'on connait toutes) se transforme soudain en envie.

Que, comme nous n'avons pas le choix, qu'il faut "travailler à sa beauté" hé bien, sautons dedans, achetons des crèmes, plus qu'il n'en faut. Celle-ci parce qu'elle sent bon. Celle-là parce que l'emballage est joli.
Nous non plus nous n'en avons pas besoin - pas de manière plus déraisonnable que les hommes -, mais on ne veut pas se faire tomber dessus dans vingt ou trente ans, quand, pleine de rides, on osera dire que "non, je n'ai rien fait" et que la conversation se terminera avec un regard désapprobateur, du type, tu l'as bien mérité, la vieille.

Comme si nous avions ruiné "notre capital" et qu'il ne fallait pas venir s'en plaindre ensuite.

Peut-être serait-il temps d'assimiler l'idée d'une femme mûre, qui du coup, sortirait de sa fonction de femme-objet et prendrait la place... la place... la place de qui au juste? De la personne pensante?

Publié dans Mode | Tags : chronique, beauté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |